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Aline Jacomet - Somatothérapeute
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thérapie psycho corporelle lyon

Et s’il était salvateur de NE PAS pardonner ?

Avec ce titre délibérément provocateur, je vous invite à reconsidérer la notion de pardon.

 

Qui ne s’est jamais entendu dire « Il faut que tu pardonnes ! » ? Dans notre société judéo-chrétienne, le pardon est valorisé et serait l’apanage des personnes sages, au grand coeur et faisant preuve de magnanimité.
Mais qui, alors que la douleur lui vrillait le coeur, a pardonné juste parce qu’il le voulait ? Vous ? Vraiment ? Soyez honnête avec vous-même…

A ma connaissance, personne ! Parce qu’il n’est pas possible d’effacer la douleur par la force de la volonté. Et si l’on essaie, au mieux on s’en distance un peu et on dit que l’on a pardonné pour faire bonne figure. Au pire, on nie sa douleur au point de ne plus la sentir et on s’auto-persuade que l’on a pardonné. Mais toute douleur non accueillie reste active en nous et resurgira à la première occasion…

 

Face à un événement douloureux, la seule chose à faire est d’accueillir ce que l’on ressent avec la juste attitude c’est-à-dire sans répression ni complaisance. Lorsque l’on pratique cela, on se rend compte qu’un processus se met en place pour nous libérer de la douleur. Ce processus comporte plusieurs étapes : on peut traverser de la colère, de la peur, du dégoût, de la tristesse ou toute autre émotion inconfortable avant d’être capable de trouver un véritable apaisement.

Ce processus prend plus ou moins de temps selon l’ampleur de l’événement et selon les personnes. Il ne peut être accéléré selon notre bon vouloir. Au contraire, vouloir l’accélérer ou pardonner par la force de volonté, c’est en fait bloquer le processus et s’alourdir d’une expérience de plus qui vient renforcer le malheur en nous. Alors que si l’on vit le processus en conscience, on découvre finalement que la douleur liée à l’événement a été amplifiée car une vieille blessure non digérée a été réactivée. Et nous avons là une formidable opportunité de la guérir et de nous alléger !

 

En conclusion, il est nécessaire de vivre et d’expérimenter le processus émotionnel en conscience et de l’intérieur et non d’inviter le mental dans la partie dès le début du processus !

 

Car conscience et raison ne sont pas la même chose.

La conscience, c’est voir et sentir l’émotion sans se laisser submerger par elle parce qu’on connaît le processus qui est à l’œuvre.

La raison, c’est un jugement moral culpabilisant qui nous coupe d’un processus guérisseur.

 

 

Une fois le processus achevé et l’apaisement retrouvé, on réalise alors qu’il n’y a plus rien à pardonner et on retrouve le chemin de notre coeur !