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Aline Jacomet - Ressenti Thérapeutique
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Stress au travail

Le stress au travail : troubles psychologiques et burn-out

Après avoir vu les réactions et stratégies d’adaptation face au stress au travail, voici aujourd’hui un article sur les conséquences psychologiques de celui-ci, dont le burn-out.

2 types de troubles sont reconnus comme étant liés au stress ou aggravés par le stress :

  • les maladies somatiques (dont les maladies cardio-vasculaires et les troubles musculo-squelettiques),
  • les troubles psychologiques.

Je vais uniquement m’intéresser aux troubles psychologiques.

Les troubles psychologiques

Le stress active fortement les émotions :

  • La peur et l’anxiété permettant  de se mettre en alerte et de se mobiliser,
  • La colère et l’agressivité permettant de trouver des forces pour attaquer.

Lorsque la situation de stress perdure apparaît une autre réaction émotionnelle : le détachement, l’indifférence par rapport au stresseur. L’individu « endure » sans agir, il baisse les bras. La dépression n’est pas loin !

Les troubles anxieux et dépressifs ne sont pas dus uniquement au stress. Cependant, celui-ci en augmenterait le risque par un facteur de deux ou trois.

Dès octobre 2010, le BIT (Bureau International du Travail) poussait un cri d’alarme : « un travailleur sur dix souffre de dépression, d’anxiété, de stress ou de surmenage et de ce fait risque l’hospitalisation et le chômage ». L’OCDE révèle qu’un travailleur sur cinq souffre de troubles mentaux, comme la dépression et l’anxiété, et que bon nombre d’entre eux peinent à s’en sortir.

L’anxiété

L’anxiété est caractérisée par un vécu permanent d’inquiétude et d’appréhension. Elle se manifeste par un ensemble de symptômes dans 3 domaines : somatique, psychologique et comportemental.

  • Sensation d’une tension permanente : la réaction de stress physique est normale mais là elle devient permanente,
  • Sentiment d’inquiétude permanent, hypervigilance : la sensation d’être psychologiquement toujours sur le qui-vive suscite une émotion extrêmement pénible. Cela peut aller jusqu’à provoquer des troubles du sommeil,
  • Changement de comportement : comportements d’évitement et de réassurance.

On parle de trouble anxieux quand l’anxiété est importante, fait souffrir et perturbe la vie.

Stress au travail : Anxiété

Les maladies de l’anxiété sont diverses :

  • Troubles de l’adaptation : si l’anxiété atteint un haut niveau, elle est considérée comme pathologique. Un trouble de l’adaptation est directement consécutif à un stresseur.
  • Anxiété généralisée : la principale caractéristique est que les soucis sont excessifs par rapport à la réalité. Même si la personne est consciente de l’aspect exagéré de ses préoccupations, il est difficile pour elle de les chasser de son esprit. De ce fait, des difficultés de concentration peuvent en découler.
  • Trouble panique : se caractérise par la survenue régulière de crises d’angoisse. Lorsque les crises se répètent et que l’individu vit dans la hantise permanente qu’elles surviennent sans crier gare, une véritable maladie anxieuse s’installe. Le stress est souvent l’un des facteurs déclenchants de la maladie.
  • Stress post-traumatique : se caractérise par la remémoration constante de l’événement traumatique. On peut voir apparaitre des perturbations émotionnelles, comme un sentiment de détachement affectif vis-à-vis des autres, l’incapacité à ressentir des émotions. Globalement 30% des victimes développent un stress post-traumatique.

La dépression

Stress au travail : DépressionEn France, une proportion d’environ 7,8% de la population serait touchée par un épisode dépressif au cours de l’année. Les dépressions sont assez fréquemment la conséquence d’une anxiété qui dure dans le temps. Dans un tiers à la moitié des cas, les personnes qui ont ressenti des manifestations d’anxiété prononcées pendant plusieurs années évoluent vers des troubles dépressifs. Les troubles dépressifs sont les troubles psychologiques les plus marqués du stress.

La dépression se caractérise par plusieurs catégories de symptômes :

  1. La tristesse ou l’effondrement de l’humeur : le déprimé n’est plus sensible à l’environnement, même bénéfique. Il ne connaît que les « bas ».
  2. La perte d’intérêt : plus rien n’intéresse le déprimé.
  3. La vie au ralenti : ralentissement général. Etat assez proche de l’hibernation.
  4. La perte d’appétit : le plus souvent, l’appétit est très diminué avec les risques d’amaigrissement qui en découlent. Parfois, il existe des manifestations de boulimie.
  5. Les troubles du sommeil : souvent un réveil très matinal, vers 5h, avec impossibilité de se rendormir.

Le burn-out

Stress au travail : Burn outLe burn-out trouve ses racines dans la répétition, c’est-à-dire qu’il se manifeste en réponse à une quantité de stresseurs qui se répètent continuellement et s’inscrivent ainsi dans la durée. C’est la conséquence de réactions de stress quotidien qui finissent par user et épuiser la personne.

Le burn-out est un processus qui comprend trois composantes principales :

  1. Etat de fatigue psychologique caractérisé par une absence quasi totale d’énergie émotionnelle qui se répercute sur la vitalité physique de l’individu : l’individu se sent « vidé », « au bout du rouleau ». Cette composante représente la dimension « stress » du burn-out.
  2. Etat de dépersonnalisation caractérisé par une attitude négative et détachée de la part de l’individu envers les personnes avec qui il interagit, dans le contexte professionnel et qui finissent par être traitées tels des objets. Cette composante représente la dimension « inter-personnelle » du burn-out.
  3. Une diminution du sens de l’accomplissement et de la réalisation de soi : l’individu porte un regard particulièrement négatif et dévalorisant sur la plupart de ses réalisations et accomplissements personnels et professionnels. Cela entraîne une perte de confiance en soi qui est associée à des états dépressifs importants et à une incapacité de faire face aux obligations professionnelles. Cette composante représente la dimension d’« autoévaluation » du burn-out.

Les symptômes

Les symptômes du burn-out se regroupent en trois catégories :

  • Symptômes physiologiques : troubles du sommeil, fatigue chronique, insomnies, douleurs diffuses chroniques,
  • Symptômes cognitifs et affectifs : hypersensibilité, pessimisme, désespoir, dépression, cynisme, indécision, manque de concentration, tendance à tenir les autres et le système responsables, isolement et détachement émotionnel, image négative de soi,
  • Symptômes comportementaux : baisse marquée de la productivité, augmentation de l’abus de substances toxiques comme alcool ou drogue, irritabilité, agressivité, impulsivité, repli sur soi. Les dysfonctionnements majeurs liés au burn-out ne relèvent pas uniquement de l’individu mais de l’environnement de travail dans lequel il se trouve. Le burn-out résulte avant tout de contextes, même si ce phénomène se traduit essentiellement au niveau de l’individu. Il ne faut donc pas soigner uniquement l’individu mais également son environnement de travail !

Les causes

Stress au travail : burn-outPlusieurs causes spécifiques ont été identifiées :

  • La surcharge de travail et la complexité des tâches,
  • L’absence de contrôle et la non-maîtrise des activités,
  • Le manque de récompense et de reconnaissance pour les efforts fournis,
  • L’absence de soutien social et de cohésion d’équipe,
  • Le décalage entre les valeurs de l’individu et celles de l’entreprise,
  • Le sentiment d’injustice ou de non-équité entre salariés,
  • Le manque de ressources ou de formation appropriée pour réaliser son travail.

Le burn-out apparaît chez des personnes ayant tendance au perfectionnisme, à l’hyperactivité et au surinvestissement professionnel. Le passage du surinvestissement au burn-out se fait en plusieurs étapes :

  1. Enthousiasme souvent induit par l’entreprise mais aussi lié à l’intérêt de l’activité professionnelle en elle-même et au sens qu’on lui donne, menant les personnes à se sur-investir,
  2. Addiction au travail avec un engagement excessif et l’impossibilité de s’éloigner du travail,
  3. Epuisement et éventuellement désillusion après que l’individu ait constaté le décalage existant entre ses propres attentes et la réalité, source d’incompréhension, de désenchantement et de remise en question de soi.

Les caractéristiques de la personnalité de l’individu semblent jouer un rôle non négligeable dans la survenue du burn-out. D’ailleurs, selon certaines études, 40% des causes seraient associées à des facteurs personnels et 60% à des facteurs organisationnels.

Et vous, où en êtes-vous ?

Vous êtes-vous reconnu(e) dans certains des symptômes décrits plus haut ?
Si c’est le cas, il est urgent d’agir en vous faisant aider. Parlez-en à votre médecin ou à un thérapeute.
Si ce n’est pas le cas, restez vigilant !

Dans un prochain article, je vous expliquerai quels types de personnalités sont plus propices à faire un burn-out et comment la somatothérapie peut aider ces personnes à l’éviter.

Aline Jacomet

Pour en savoir plus : « Le stress au travail, un enjeu de santé » Patrick Légeron – Editions Odile Jacob

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